Au cours des dernières années, les organisations ont été confrontées à une accumulation de perturbations : cyberincidents, tensions sur les chaînes d’approvisionnement, inflation, instabilité géopolitique ainsi que pressions sur les ressources humaines. Ces événements ne sont plus exceptionnels. Ils constituent désormais le contexte normal d’opération.
Les grandes études internationales convergent toutes vers le même constat :
- Les risques sont plus interconnectés que jamais
- Leur évolution est plus rapide que les capacités d’adaptation
- Et surtout… ils sont mal intégrés dans les approches opérationnelles
Le Global Risks Report 2026 du World Economic Forum parle d’un monde marqué par une accélération et une interconnexion des risques.
Le Allianz Risk Barometer 2026 confirme que les :
- Cyberincidents dominent
- Interruptions d’activité demeurent critiques
- Risques politiques et économiques progressent rapidement
Mais surtout (et c’est là que le terrain rejoint la théorie) le BCI Horizon Scan Report 2025 montre que les perturbations réellement vécues par les organisations sont souvent très opérationnelles, notamment liées aux :
- Ressources humaines
- Technologies
- Fournisseurs critiques
Autrement dit : les grandes tendances globales se traduisent déjà concrètement dans les opérations. Et pourtant, les approches en continuité des activités évoluent encore trop lentement.
Dans ce contexte, plusieurs organisations ont amorcé des démarches en continuité des activités, parfois depuis plusieurs années. Toutefois, ces approches reposent encore souvent sur des hypothèses, des structures ou des scénarios qui ne reflètent plus pleinement la réalité actuelle. L’écart entre les risques perçus et les impacts réellement vécus sur les opérations crée ainsi des angles morts, parfois invisibles jusqu’au moment où une interruption survient. C’est précisément dans cet écart que se situent les enjeux que nous observons aujourd’hui.
Une dépendance systémique à des tiers… encore sous-estimée
Les organisations dépendent désormais fortement de :
- Fournisseurs critiques
- Plateformes technologiques
- Chaînes d’approvisionnement complexes
Le BCI Horizon Scan Report 2025 identifie d’ailleurs les tiers et fournisseurs comme une source fréquente d’interruption réelle. En parallèle, le Allianz Risk Barometer maintient l’interruption d’activité parmi les risques majeurs mondiaux :
- Le problème n’est pas la dépendance.
- C’est l’absence de maîtrise réelle de ces dépendances.
Une instabilité géopolitique et tarifaire mal traduite en impacts opérationnels
Le World Economic Forum identifie la confrontation géoéconomique comme le principal risque à court terme. Cela inclut :
- Tensions commerciales
- Politiques tarifaires
- Fragmentation des marchés
Le Allianz Risk Barometer ajoute :
- Volatilité économique
- Inflation
- Changements réglementaires
Le BCI montre que ces facteurs finissent par se traduire très concrètement en :
- Indisponibilité de ressources
- Perturbations fournisseurs
- Pression sur les opérations
Ces manifestations traduisent un glissement important : des enjeux initialement perçus comme macroéconomiques ou stratégiques se matérialisent désormais en perturbations opérationnelles concrètes. Malgré cela, ces facteurs demeurent encore trop peu intégrés dans les analyses d’impacts et les scénarios de continuité, ce qui limite la capacité des organisations à anticiper et à structurer leur réponse.
Une accélération technologique plus rapide que sa gouvernance
L’IA et les technologies émergentes prennent une place grandissante.
- L’IA est maintenant classée parmi les principaux risques mondiaux (Allianz)
- Le WEF souligne les impacts systémiques possibles
Mais le BCI Horizon Scan Report 2025 est particulièrement révélateur ici :
- Les incidents technologiques et les interruptions TI font partie des principales causes réelles de perturbation dans les organisations
Cette réalité met en évidence un décalage important entre la criticité croissante des technologies et leur intégration dans les démarches de continuité. Dans plusieurs organisations, les systèmes, outils et dépendances numériques évoluent plus rapidement que les mécanismes de gouvernance, d’analyse et de préparation. Il en résulte une exposition accrue, où certaines composantes critiques ne sont ni pleinement documentées, ni testées, ni intégrées dans les stratégies de reprise.
Le facteur humain : le risque le plus fréquent… mais le moins structuré
C’est probablement le point le plus fort du BCI. Le BCI Horizon Scan Report 2025 identifie clairement que les enjeux liés au personnel (absentéisme, surcharge, dépendance) sont la première source de perturbation vécue. En parallèle, le WEF met en évidence :
- La polarisation sociale
- Les tensions économiques
- La perte de confiance
Cette convergence entre les tendances globales et les perturbations observées sur le terrain démontre que le facteur humain constitue un vecteur de risque transversal, capable d’amplifier ou de déclencher d’autres incidents. Malgré cela, il demeure souvent difficile à structurer dans les démarches formelles, notamment en raison de sa variabilité et de sa perception comme un enjeu moins tangible que les risques technologiques ou financiers.
Une lecture des risques encore trop compartimentée
Le WEF parle d’un monde en polycrise, où les risques s’entrecroisent. Le BCI, de son côté, démontre que les perturbations :
- Qui sont réelles ne sont presque jamais isolées
- Résultent souvent d’un enchaînement d’événements
Dans ce contexte, un événement initial qu’il soit économique, technologique ou organisationnel peut rapidement entraîner une cascade d’effets interreliés. Les perturbations ne se produisent plus de manière isolée, mais s’inscrivent dans une dynamique où chaque impact peut en amplifier un autre, parfois en très peu de temps.
Exemple typique : Tension économique.
- Pression fournisseurs
- Surcharge interne
- Incident technologique
- Interruption
Il ne s’agit pas d’une série de risques mais plutôt d’un « écosystème » de risques.
Prendre un pas de recul
Ces angles morts ne sont pas théoriques. Ils sont déjà observés :
- Dans les grandes tendances mondiales
- Dans les incidents réels vécus par les organisations
La question n’est donc plus : Avez-vous un plan de continuité ?
Mais plutôt :
- Est-il aligné avec vos dépendances réelles ?
- Intègre-t-il les risques économiques et géopolitiques ?
- Reflète-t-il vos vulnérabilités humaines et technologiques ?
Dans un monde en transformation rapide, un PCA statique devient rapidement obsolète.
Ainsi, renforcer sa résilience ne consiste plus uniquement à documenter des plans, mais à revoir en profondeur la manière dont les risques sont compris, analysés et intégrés aux opérations. Les organisations qui tireront leur épingle du jeu seront celles capables de faire évoluer leurs approches, de décloisonner leurs réflexions et d’adapter leurs stratégies à un environnement en transformation constante. Plus qu’un exercice de conformité, la continuité des activités devient ainsi un véritable levier de performance et de pérennité.
Un accompagnement stratégique pour renforcer votre résilience
Chez Benoit Racette Services-conseils inc., nous aidons les organisations à protéger leurs opérations critiques, à assurer la sécurité de leurs équipes et à maintenir la confiance de leurs clients, même lorsque survient une interruption majeure.
Avec plus de 28 ans d’expérience spécialisée en continuité des affaires, gestion de crise, mesures d’urgence et plans de relève informatique, Benoit Racette vous accompagne avec rigueur et confidentialité, en transformant des enjeux complexes en solutions concrètes et adaptées à votre réalité.
- Diagnostic de résilience
- Plan de continuité des affaires à jour
- Plan de gestion de crise fonctionnel
- Plan de relève informatique réaliste
- Tests et exercices pour valider vos plans et renforcer vos équipes
- Formation ciblée en continuité, gestion de crise et préparation opérationnelle
Ce sont là les outils qui distinguent les organisations qui subissent… de celles qui réagissent avec maîtrise. Vous souhaitez analyser vos vulnérabilités, ajuster vos plans ou vous préparer efficacement?
Contactez-nous : [email protected]
Références pour cet article
- BCI Horizon Scan Report 2025
- Allianz Risk Barometer 2026
- World Economic Forum – Global Risks Report 2026


+ de 4000 abonnés